INTRODUCTION


Je crée ce blog aujourd'hui :

5 mai 2009

et souhaite que les visiteurs soient nombreux.


Après la sortie au cinéma de :

PIRATES DES CARAÏBES 3 - AT WORLD'S END,

j'ai eu envie d'écrire une suite, considérant que la fin du troisième volet n'était pas une fin en soi.


Il fallait bien, en effet, que la maison de production,
Jerry Bruckheimer Films Inc., laisse une porte ouverte à la création d'un numéro quatre, même si Jerry Bruckheimer lui-même affirmait que le numéro trois était bien le dernier !

Pour le fun, j'ai envoyé mon scénario (traduit en anglais) à Jerry Bruckheimer Films Inc. Ils ont refusé de le lire (pour des raisons très compréhensibles - cf. leur courrier posté page 7 de ce blog) et me l'ont renvoyé immédiatement après l'avoir reçu.

Entre temps, j'ai entendu dire que le tournage du numéro quatre commencerait en 2009.

Comme quoi, on n'arrête pas une affaire qui marche autant et qui rapporte, surtout, autant d'argent !


J'ai donc décidé de mettre en ligne "MA" version de :

PIRATES DES CARAÏBES 4.


J'espère qu'elle vous plaira et que vous serez nombreux à lire la suite des aventures du :

CAPITAINE JACK SPARROW

telles que je les ai imaginées moi.


A toutes fins utiles, je précise également que ce texte a été déposé à la BNF (Bibliothèque Nationale de France) et est donc protégé par un Copyright.

Si vous souhaitez une version imprimée, illustrée et reliée, n'hésitez pas à me contacter.

A la suite de la version française, vous trouverez un synopsis de chaque scène en version anglaise (à partir de la page 7).


Je vous souhaite bonne lecture, et aimerais recevoir des commentaires, quels qu'ils soient, que vous aimiez ou que vous n'aimiez pas.


Je vous invite également à visiter ma page Myspace :

MORGANE OF THE CARIBBEAN


INTRODUCTION

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 8:11 AM

Edited on Monday, 18 May 2009 at 2:26 AM

PAGE DE COUVERTURE DU SCENARIO - DEVANT

PAGE DE COUVERTURE DU SCENARIO - DEVANT

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 9:08 AM

Edited on Tuesday, 05 May 2009 at 9:41 AM

PAGE DE COUVERTURE DU SCENARIO - DOS

PAGE DE COUVERTURE DU SCENARIO - DOS

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 9:16 AM

Edited on Tuesday, 05 May 2009 at 10:27 AM

INDEX DES SCENES


PROLOGUE

SCENE N°1 : Le Lady Morgane

SCENE N°2 : French Clochette

SCENE N°3 : Un accord avec la fille

SCENE N°4 : Ivre de vin

SCENE N°5 : Un accord avec la mère

SCENE N°6 : Le capitaine du Black Pearl

SCENE N°7 : L'Ile de la Fortuna

SCENE N°8 : Le Capitaine Barbossa

SCENE N°9 : Rimberly et le Roy Majesty

SCENE N°10 : Spanish Town

SCENE N°11 : Le pouvoir d'une femme pour obtenir un renseignement

SCENE N°12 : Monsieur Gibbs

SCENE N°13 : Triste départ

SCENE N°14 : Rapprochement physique entre deux capitaines

SCENE N°15 : Un capitaine de trop

SCENE N°16 : Romance entre deux navires

SCENE N°17 : Intéressantes confidences

SCENE N°18 : Dommage

SCENE N°19 : Souvenirs et émotion

SCENE N°20 : Elizabeth et Will ont définitivement disparu

SCENE N°21 : Privilège de capitaine

SCENE N°22 : Deux navires moins un navire égal un navire

SCENE N°23 : La fureur d'un capitaine sans bateau

SCENE N°24 : Le Roy Majesty est de retour

SCENE N°25 : Promesse de Rimberly

SCENE N°26 : Au revoir French Clochette et Brocéliande

SCENE N°27 : Mère et fille prisonnières

SCENE N°28 : Il faut aller en France

SCENE N°29 : Port Louis de Bretagne

SCENE N°30 : Marin menteur

SCENE N°31 : French Clochette se dévoile

SCENE N°32 : Un détour par Brocéliande

SCENE N°33 : Une forêt troublante

SCENE N°34 : Granny Viviane

SCENE N°35 : Plan numéro deux

SCENE N°36 : Bienvenue en Normandie

SCENE N°37 : Racontez-moi donc

SCENE N°38 : Le roi est là

SCENE N°39 : Le roi est fait

SCENE N°40 : Enfin ils se retrouvent... pour être de nouveau séparés

SCENE N°41 : Guérir en chantant

SCENE N°42 : Darlin' et la carte

SCENE N°43 : La Fontaine de Jouvence

SCENE N°44 : Le Dragon de Barenton

SCENE N°45 : Adieu Granny Viviane

SCENE N°46 : Un pur moment de sensualité

SCENE N°47 : Papa

SCENE N°48 : Mariage en pleine mer

CONCLUSION : Vingt ans plus tard


INDEX DES SCENES

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:19 AM

PROLOGUE


Will Turner est devenu le capitaine du Hollandais Volant dont l'intégralité de l'équipage, y compris son père, a été libéré de l'emprise maléfiquement marine de Davy Jones après la mort de celui-ci, tué par Will Turner avec l'aide de Jack Sparrow.

Elizabeth Swann-Turner élève son fils seule sur l'île où elle a passé sa nuit de noce avec Will. Celui-ci revient la voir une fois tous les dix ans, contraint de suivre la règle qui s'impose à lui en tant que capitaine du Hollandais Volant : dix ans de mer – un jour sur terre.

Barbossa s'est emparé du Black Pearl.

Le Capitaine Jack Sparrow a repris la mer sur une barque poussée par le vent qui réussit, on ne sait comment, à s'engouffrer dans une voile miteuse et trouée.


PROLOGUE

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:30 AM

Edited on Tuesday, 05 May 2009 at 10:47 AM

SCENE N° 1


LE LADY MORGANE



Après avoir dérivé plusieurs jours, Jack Sparrow se retrouve sans vivres et sans rhum, et toujours avec un compas qui ne marche pas. Acceptant son sort avec à la fois résignation et dignité, il s'allonge dans la barque, pose son compas ouvert sur sa poitrine, et met son tricorne sur son visage pour se protéger du soleil. Pour s'endormir plus facilement, il entonne lentement A pirate's life for me.

Quelques minutes plus tard, le compas commence à s'affoler et l'aiguille à tourner plusieurs fois sur elle-même consécutivement dans les deux sens. La barque tangue sous l'effet du mouvement de vaguelettes successives. Puis une ombre recouvre peu à peu les pieds, les jambes, le corps et enfin la tête de Jack Sparrow. L'aiguille du compas s'arrête et indique désormais la direction de ce qui génère cette ombre bienfaisante.

Jack Sparrow lève légèrement la tête, dégage son tricorne partiellement en ouvrant un ½il. A cet instant, une échelle de corde lui tombe sur la poitrine. Le compas, heurté par celle-ci, se referme et tombe au fond de la barque près d'une carte enroulée. Jack Sparrow s'assied, met son chapeau, prend le compas, le raccroche à sa ceinture, saisit ensuite la carte qu'il passe sous son large ceinturon, attrape l'échelle de corde, se met debout et regarde en l'air. Il aperçoit un navire et des dizaines de marins, alignés tout le long du bastingage. Mais, à cause du soleil, il ne peut distinguer clairement leurs visages.

Jack Sparrow hésite, se retourne et caresse la voile miteuse de sa ridicule embarcation comme s'il s'agissait d'une maîtresse dont il doit, à contrec½ur, prendre congé. En même temps, il voit au fond de la barque sa dernière bouteille de rhum, vide.

Il dit :

- Pourquoi n'y-a-t-il jamais de rhum sur les navires où je me trouve ?

Il continue à caresser la voile très sensuellement.

- Adieu ma toute belle. Ce fut un plaisir de naviguer en votre compagnie mais... (regardant à nouveau la bouteille de rhum vide qui vient de rouler à ses pieds) ...ce besoin vital qu'est la soif m'oblige, avec regrets, à vous abandonner.

Jack Sparrow monte à l'échelle de corde et, à mi-chemin entre la mer et le bastingage, salue de la main une dernière fois la barque qui s'éloigne peu à peu du navire, poussée par les vagues. Deux bras l'attrapent fermement à son arrivée en haut de l'échelle de corde et l'aident à monter sur le pont. Tous les membres d'équipage se sont regroupés autour de lui. Jack Sparrow affiche un visage à la fois surpris, ahuri et ébahi. Une paire de bottes essaie de se frayer un chemin parmi toutes les personnes qui encerclent Jack Sparrow et vient se planter devant lui. C'est une femme, très belle, habillée en marin.

Elle prend la parole en premier :

- Je vous souhaite la bienvenue à bord du Lady Morgane, matelot ! Que vous est-il donc arrivé pour que vous vous retrouviez ainsi seul, égaré en plein milieu de l'océan ?

Jack Sparrow hésite à répondre face à un équipage constitué uniquement de femmes, toutes habillées bien entendu en marins, et plus ou moins jolies.

Il finit par avouer, mal à l'aise :

- Je... quelqu'un m'a volé mon navire.

Toutes les femmes se mettent à rire, sauf celle qui vient de lui souhaiter la bienvenue.

Elle ordonne :

- Taisez-vous !

Les rires cessent immédiatement.

Elle ajoute sur un ton compatissant :

- Ce sont des choses qui peuvent arriver... apparemment...

Elle ordonne de nouveau, en s'adressant fermement à l'équipage :

- Retournez donc toutes à vos postes et à vos occupations.

Une fois seule face à Jack Sparrow, elle continue tout en marchant sur le pont :

- Dois-je comprendre que vous étiez capitaine ? Je m'appelle Darlin'. Et vous, qui êtes-vous donc alors ?

Jack Sparrow répond en se redressant bien droit et en bombant le torse fièrement :

- Jack Sparrow ! Capitaine du Black Pearl !

Darlin' rétorque du tac au tac :

- Jamais entendu parler.

Jack Sparrow demande, surpris et déçu :

- Jamais ? Vraiment ? Et du Black Pearl ? Jamais non plus ?

Darlin' réfléchit un instant. Jack Sparrow se met à espérer une réponse positive.

Darlin' finit par lâcher :

- Hum... non jamais !

Ils sont, entre temps, arrivés près d'un tonneau fermé sur lequel se trouve une louche. Darlin' ouvre le tonneau, plonge la louche à l'intérieur et la ressort pleine d'eau.

Elle la tend à Jack Sparrow en disant :

- Vous devez sans doute mourir de soif.

Jack Sparrow prend un air éc½uré et se permet de demander :

- Vous n'auriez pas plutôt du rhum ?

Darlin' répond, étonnée par la question :

- Il n'y en a pas une seule goutte à bord. Navrée de vous décevoir Capitaine. Nous aurions peut-être dû vous laisser attendre le navire suivant alors ?

Jack Sparrow accepte de mauvaise grâce la louche que lui tend Darlin' et boit d'un trait tout le contenu.

Puis il dit, d'un air dégoûté :

- Diantre, j'avais oublié à quel point l'eau est aussi... (tirant la langue) ...eau !

Darlin' ironiquement :

- Si vous la voulez plus goûteuse, vous pouvez toujours prendre celle sur laquelle flotte ce navire. Celle-là au moins vous ne risquez pas d'en manquer ! Je vais prévenir le capitaine de votre présence.

Darlin' tourne les talons et laisse Jack Sparrow seul au milieu de l'équipage. Il s'oblige à sourire à chacune des femmes dont il croise le regard empli pour certaines de curiosité et pour d'autres de désir non dissimulé.

Tout à coup apeuré, il court derrière Darlin', les bras levés.

- Oui, très bonne idée ! Vite Darlin', prévenez votre capitaine que je suis arrivé !


SCENE N° 1

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:35 AM

Edited on Monday, 11 May 2009 at 10:49 AM

SCENE N° 2


FRENCH CLOCHETTE



La nuit est tombée. Jack Sparrow et Darlin' sont devant la porte d'une cabine.

Darlin' ouvre la porte et pousse Jack Sparrow à l'intérieur en disant :

- Le capitaine vous convie à sa table pour le dîner. Je vous en prie, entrez et installez-vous. Je vous rejoins, pour ma part, dans quelques minutes.

Darlin' referme la porte. La cabine est coquettement décorée. Un chandelier allumé est posé au milieu d'une grande table joliment dressée de porcelaine pour le dîner. Au bout de la table, une fillette, avec de grands yeux verts et de très longs cheveux bouclés. Elle est habillée comme le serait une petite princesse. Jack Sparrow s'interroge intérieurement et regarde autour de lui.

La petite fille dit timidement et poliment :

- Bonsoir Monsieur.

Jack Sparrow tarde à répondre :

- Salut ! Il est où ton Papa ?

La question étonne la petite fille. Elle ouvre la bouche pour répondre, mais elle n'en a pas le temps. A cet instant, un bruit étrange qui ressemble au tintinnabullement de petites clochettes se fait entendre. Une porte s'ouvre au fond à gauche de la cabine. Une femme entre, vêtue d'une magnifique robe, et s'avance vers Jack Sparrow, accompagnée par ce tintinnabulement dont l'origine reste inconnue. Arrivée face à Jack Sparrow, elle lui tend la main. A la lueur des chandelles, il distingue parfaitement son visage et cette étrange perle en or qui lui transperce l'aile gauche du nez ; ses cheveux coiffés en chignon duquel dépassent quelques mèches rebelles qui retombent négligemment sur chaque côté de son visage. Le regard intrigué de Jack Sparrow s'attarde sur son décolleté et sur cet anneau d'or pendant au bout d'une longue chaîne et au centre duquel se balance une minuscule clochette.

La main toujours tendue, la dame prend la parole :

- Je suis le Capitaine French Clochette. Mon second m'a fait part de votre mésaventure. Il est heureux que le Lady Morgane ait croisé votre route, Capitaine... Sparrow, je crois.

Jack Sparrow confirme :

- Oui, Capitaine Sparrow, c'est bien cela !

Jack Sparrow saisit enfin la main de French Clochette, mais au lieu de la lui serrer, il s'incline pour y déposer galamment un baiser.

French Clochette retire lentement sa main avec laquelle elle désigne une chaise à Jack Sparrow :

- Prenez place, Capitaine.

A cet instant, Darlin' entre dans la pièce. Elle a quitté ses habits masculins de marin et porte elle aussi une robe.

Jack Sparrow s'assied, ne comprenant plus très bien, et continue :

- Pardonnez-moi mais je n'ai pas bien compris votre nom et vous parlez avec un accent si... particulier.

French Clochette répète son nom en articulant lentement et en insistant sur chaque syllabe.

- French... Clo... chette ! Je suis française.

Elle fait un geste de la main en direction de Darlin' qui vient de s'asseoir de l'autre côté de la table, face à Jack Sparrow, et ajoute :

- Nous sommes françaises, ainsi d'ailleurs que toutes les personnes présentes à bord du Lady Morgane.

Jack Sparrow, piqué par la curiosité, demande :

- Mais qu'êtes-vous donc venue faire aux Caraïbes, Capitaine Collette ? Un navire français, dont l'équipage est, qui plus est, exclusivement composé de... (Jack Sparrow s'interrompt quelques instants) ...femmes, n'est pas chose courante par ici.

Darlin' rétorque :

- Mais pas moins qu'un capitaine qui a perdu son bateau et qui dérive en plein milieu de l'océan sur une toute petite barque !

Jack Sparrow répond en posant sa main sur la carte roulée passée dans son ceinturon :
- Il est des choses que l'on cherche et que l'on ne peut trouver que si l'on s'est perdu.

Le regard intrigué de French Clochette se pose sur la carte.

Elle continue :

- Nous fuyons notre pays, ses préjugés ridicules et ses injustices intolérables. Les corsaires du Roi de France ont été lancés à nos trousses et je cherche, dans cette partie du monde, un endroit où nous pourrions nous cacher et nous installer en toute sécurité, et si possible pendant le plus grand nombre d'années.

Jack Sparrow ajoute :

- Mais la Mer des Caraïbes est infestée de pirates et de gens bien peu recommandables et mal intentionnés que je souhaite de tout c½ur aux charmantes dames que vous êtes de ne surtout pas rencontrer.

French Clochette répond :

- Mais vous êtes un pirate, vous, Capitaine Sparrow. Je ne me trompe pas, n'est-ce pas ? Et pourtant, vous êtes ici ce soir, assis à mes côtés, et vous dînez à ma table !

Jack Sparrow regarde Darlin', puis la petite fille assise en bout de table.

French Clochette poursuit :

- Darlin' est ma s½ur, et voici ma fille, Brocéliande.

Darlin' reprend la parole :

- Nous avons besoin de votre aide, Capitaine Sparrow. Vous devez certainement connaître un endroit que les corsaires du roi ne trouveront pas.

French Clochette pose sa main droite sur la main gauche de Jack Sparrow, celle-ci se trouvant sur la table, à gauche de son assiette.

Elle explique :

- Je dois mettre ma fille en sécurité, Capitaine. Je vous en prie, apportez-nous votre aide.

French Clochette libère la main de Jack Sparrow. Elle attrape sur la table une carafe en verre dont la teinte est si foncée que l'on ne peut identifier son contenu.

Elle avance la carafe vers le verre en cristal de Jack Sparrow en demandant :

- Je vous sers, Capitaine ?

Jack Sparrow s'empresse de mettre une main sur son verre en faisant une grimace.

- De l'eau, j'imagine ?

Darlin' répond :

- Non, cette fois-ci, c'est du vin !

French clochette ajoute :

- Et comme tous les vins français, il est excellent ! Je n'en bois jamais, pour ma part, mais ma s½ur est une connaisseuse. Je m'en remets donc entièrement à son jugement !

Jack Sparrow retire sa main. French Clochette remplit son verre. Jack Sparrow le porte à sa bouche et en boit une toute petite gorgée, du bout des lèvres.

Il s'exclame :

- Diantre, que c'est bon !

Il boit le reste du vin d'un trait et tend son verre vide à French Clochette afin qu'elle le remplisse à nouveau, ce qu'elle fait en souriant.

Jack Sparrow poursuit :

- Je connais effectivement un endroit où vous pourriez vivre en toute tranquillité, sans être importunées. Il s'agit d'une île qui n'est répertoriée sur aucune carte et dont nous ne sommes que deux pirates à connaître l'existence. Et l'autre n'y revient qu'une fois tous les dix ans !

Darlin' le coupe sur un ton impatient :

- Conduisez-nous-y dès demain alors ! Le temps presse ! Le navire qui nous a prises en chasse est bien plus rapide que le nôtre et nous n'avons que quelques jours d'avance sur lui.

Jack Sparrow répond un peu vicieusement :

- Quelle étrange coïncidence ! Il se trouve que j'ai moi aussi besoin d'aide, Mesdames ! Il me faudrait un bateau pour retrouver et récupérer le mien.

French Clochette et Darlin' se regardent.

Darlin' lève son verre en direction de French Clochette et s'exclame :

- Voilà notre récompense, sister, pour notre générosité et notre hospitalité ! A la tienne !

Darlin' vide son verre. French Clochette regarde sa fille et hésite à répondre à Jack Sparrow, tiraillée entre la nécessité de trouver un endroit sûr pour Brocéliande, et son souhait de ne pas mettre son équipage d'une quelconque manière en danger.

Elle répond :

- Je vais y réfléchir, Capitaine Sparrow.

Jack Sparrow, en levant son verre en direction de French Clochette :

- C'est cela, réfléchissez, Capitaine Collette.

Puis il boit son verre pour la seconde fois d'un trait et le tend à French Clochette avec un sourire malicieux afin que celle-ci le remplisse pour la troisième fois.


SCENE N° 2

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:38 AM

Edited on Tuesday, 05 May 2009 at 5:12 PM

SCENE N° 3


UN ACCORD AVEC LA FILLE



Jack Sparrow est dans la cabine que French Clochette et Darlin' lui ont préparée près de la leur afin qu'il ne dorme pas avec le reste de l'équipage, ce qu'elles ont jugé trop dangereux pour sa virilité. Il ne peut pas trouver le sommeil. Il se sent à plusieurs reprises successivement les deux mains qui portent désormais le parfum de French Clochette. Il se lève, ouvre la porte de sa cabine, regarde à gauche et à droite dans le couloir afin de s'assurer qu'il n'y a personne. Il sort sur la pointe des pieds et se dirige vers la cabine de French Clochette. Il entrebâille lentement la porte et aperçoit la jeune femme de dos, allongée sur son lit. Elle semble dormir profondément. Il pénètre dans la cabine en marchant toujours sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit. Il se dirige vers la grande table qui a été, entre temps, débarrassée mais sur laquelle il y a toujours la carafe de vin. Il la prend délicatement, ferme un ½il et, de l'autre, essaie de voir s'il reste du vin à l'intérieur. Comme il ne voit pas bien, il la secoue en l'approchant près d'une de ses oreilles. Il sourit, satisfait, car elle sonne à moitié pleine.

Soudain, French Clochette se retourne. Elle est désormais allongée sur le côté gauche et Jack Sparrow peut voir son visage et son épaule droite dénudée, sa chemise de nuit ayant glissé. Mais ce qui attire à nouveau le plus son attention, c'est cette minuscule clochette qu'elle porte à son cou, accrochée au milieu d'un anneau d'or.

Poussé par la curiosité, il s'avance lentement vers le lit. Une latte du plancher craque. Jack Sparrow s'arrête net, une jambe en l'air, essayant désespérément de trouver son équilibre. Il attend quelques secondes, puis il continue. Arrivé près du lit, il approche sa main droite du cou de French Clochette et saisit délicatement le minuscule pendentif entre le pouce et l'index. Il le secoue doucement mais aucun son n'en sort. Il repose alors le pendentif tout aussi délicatement sur la peau de la jeune femme et là, il fait un bond en arrière, saisi par la stupeur et l'effet de surprise. Brocéliande, qui dormait derrière sa maman et qu'il n'avait pas vue, vient de se réveiller. Elle s'assied dans le lit. French Clochette dort toujours profondément.

Jack Sparrow, mal à l'aise et très embarrassé, tente d'expliquer à voix très basse :

- J'étais venu voir si ta maman n'avait besoin de rien.

Brocéliande se hâte de répondre, irritée qu'on la prenne ainsi pour une idiote :

- Maman est une fée. Elle sait très bien s'occuper d'elle toute seule et elle n'a besoin de rien !

Jack Sparrow s'empresse de mettre son index droit sur sa bouche en disant :

- Chut ! Ne parle pas si fort ! Il ne faut pas la réveiller !

Brocéliande ajoute :

- Il semblerait d'ailleurs que ce soit plutôt vous qui ayez besoin de quelque chose ici ce soir !

Jack Sparrow regarde la carafe de vin qu'il tient toujours dans sa main gauche.

Il propose à Brocéliande :

- Ecoute jeune fille, si tu sais garder notre secret, je t'offrirai un petit singe. Tu aimerais avoir un petit singe ?

Brocéliande répond d'un air triste :

- Non, je préfèrerais avoir un petit chien, mais Maman ne veut pas m'en acheter un.

Jack Sparrow la console, en continuant à parler à voix basse :

- Je t'en offrirai un moi, je te le promets. A condition que tu ne dises pas à ta maman que je suis venu ici cette nuit. C'est promis ?

Brocéliande acquiesce en faisant oui de la tête. Jack Sparrow lui fait un gros clin d'½il qu'il accompagne d'un mouvement vertical prononcé de la tête. Il repart doucement vers la porte de la cabine mais, contre toute attente, fait soudain demi-tour pour venir replacer correctement la chemise de nuit sur l'épaule droite de French Clochette sur laquelle il remarque un tatouage : une fleur de lys.

Jack Sparrow dit tout bas en regardant Brocéliande :

- Il ne faudrait pas qu'elle prenne froid.

Il repart, cette fois-ci définitivement, et referme la porte aussi lentement qu'il l'avait ouverte. Brocéliande se rallonge en souriant à l'idée d'avoir enfin bientôt un petit chien.

Sur le fauteuil près du lit se trouve une paire de bottes recouvertes presque entièrement par la robe que French Clochette portait au dîner.


SCENE N° 3

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:41 AM

Edited on Wednesday, 06 May 2009 at 1:42 AM

SCENE N° 4


IVRE DE VIN



Jack Sparrow est rentré dans sa cabine. Il sirote son vin en buvant directement au goulot de la carafe. Quand elle est définitivement vide, il la pose par terre et déroule sur le plancher de la cabine sa précieuse carte. Mais il est trop ivre et ses yeux voient double.

Il fait une grimace en ré-enroulant la carte et en disant à haute voix, se parlant à lui-même :

- Oups, jamais été aussi saoul, même avec le meilleur rhum des Caraïbes !

Il s'allonge alors dans son hamac.

Il se sent de nouveau les mains en les plaquant sur son nez et en humant fortement :

- Fée ou pas, cette jolie Collette sent diantrement bon, en tout cas !

Il s'endort, ivre... de vin pour la première fois de sa vie.


SCENE N° 4

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:43 AM

SCENE N° 5


UN ACCORD AVEC LA MERE



Lever de soleil sur l'océan. Jack Sparrow est sur le pont cherchant désespérément à faire fonctionner son compas. Quelques membres d'équipage du Lady Morgane ont dormi à la belle étoile et ne sont pas encore réveillées. Jack Sparrow referme son compas, songeur. Soudain, il entend ce tintinnabullement de clochettes qui l'avait tant intrigué la veille au soir. Il se retourne. French Clochette est là, face à lui, habillée en marin : un pantalon de toile que soutient une large ceinture en cuir dans laquelle est coincé un pistolet ; un corsage parfaitement blanc dont les longues manches bouffantes sont resserrées aux poignets.

French Clochette parle la première :

- Vous êtes bien matinal, Capitaine Sparrow. Avez-vous bien dormi au moins ? Avez-vous apprécié le confort de votre cabine ?

Jack Sparrow examine les bottes de French
Clochette : de belles cuissardes en cuir qui soulignent audacieusement la ligne parfaite de ses longues jambes et qui sont étrangement ornées chacune d'une multitude de petites clochettes en or, bien plus grandes que celle qu'elle porte au cou.

Il comprend alors d'où venait ce bruit singulier, néanmoins s'étonne :

- Quel étrange ornement ?
French Clochette répond sans lui laisser le temps d'ajouter autre chose :

- Simple marque de féminité. J'ai réfléchi cette nuit à notre intéressante conversation d'hier soir.

Jack Sparrow s'étonne à nouveau, cette fois-ci ironiquement :

- Réfléchi ? N'avez-vous donc pas dormi ?

French Clochette ne comprend pas bien la remarque mais réplique :

- Le sommeil est parfaitement propice à la réflexion, surtout quand il y a urgente nécessité à penser. J'accepte de vous aider, Capitaine Sparrow, et de vous emmener à l'endroit où vous pensez pouvoir récupérer votre navire. Mais, j'entends bien que vous me conduisiez ensuite immédiatement à cette île de la tranquillité dont vous m'avez parlé.

Jack Sparrow est de plus en plus curieux :

- Que fuyez-vous donc exactement, Capitaine Collette ?

French Clochette regarde la carte accrochée à la ceinture de Jack Sparrow et rétorque :

- Et vous Capitaine Sparrow ? Comment un capitaine, digne de ce nom, a-t-il donc bien pu faire pour se laisser voler son navire ?

Jack Sparrow sourit :

- Vous gardez votre secret et je garde le mien.

French Clochette marche vers le bastingage sur lequel elle s'accoude. Jack Sparrow la rejoint. Ensemble ils regardent l'horizon sur l'océan, au loin.

French Clochette dit :

- Le c½ur d'une femme est un océan de secrets, vous savez... Alors, imaginez ce que peut bien contenir celui d'une femme capitaine d'un navire !

French Clochette tourne la tête vers Jack Sparrow et lui sourit en lui tendant la main droite :

- Nous avons un accord, Capitaine Sparrow, n'est-ce pas ?

Cette fois-ci, Jack Sparrow lui serre la main de façon normale et confirme :

- Nous avons un accord, Capitaine Collette.

French Clochette éclate d'un rire jovial et répète en insistant sur chacune des syllabes de son nom :

- Ce n'est pas Collette, c'est French... Clo... chette !

Jack Sparrow, sachant qu'il ne parviendra jamais à prononcer ce nom correctement :

- Si vous le voulez bien, pour moi ce sera simplement Frenchette alors !


SCENE N° 5

# Posted on Tuesday, 05 May 2009 at 10:45 AM